La douloureuse charge mentale

 

Les choses étaient plus simple quand j’étais maman au foyer… L’Homme travaillait et ramenait un salaire, je travaillais mais ne ramenais pas de salaire (c’est ça une maman au foyer!), il était normal et allait de soi pour nous 2 que je m’occupe de toute la gestion de la maison, la famille , notre vie, quoi.
Et cela ne m’a jamais posé de problème, durant ce laps de temps relativement long (4 ans quand même).
Pour autant, j’ai eu des épisodes d’épuisement, où je sentais le burn-out maternel montrait le bout de son nez et mettre son pied dans la porte, quand j’essayais de lutter de toute mes forces (celles qui me restaient…)pour le chasser. Mais jamais je n’ai remis en question la répartition des tâches ou pensait que l’Homme aurait pu prendre des choses en charge.
Cela se passait avec cette simplicité aussi, parce que j’avais arrêté de travailler de mon propre chef. J’ai décidé d’arrêter mon emploi salarié et de m’occuper de ma famille parce que j’étais épuisée par 2 accouchements, un déménagement à l’étranger et une prise de poste dans ledit pays, tout ça en l’espace de 18 mois. Et j’ai estimé, et je continue à le penser que j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir prendre cette décision, sans trop me préoccuper de l’aspect financier, et avec le soutien de l’Homme. Le décalage entre ce que l’on imagine de la vie de maman au foyer et la réalité peut ensuite s’avérer source d’angoisses et déceptions (et fera sans doute l’objet d’un autre article), mais en tous cas, le choix que j’ai fait à ce moment-là de ma vie était réfléchi et me satisfaisait pleinement.

Et c’est avec la même conviction de faire le bon choix, que 4 ans plus tard, j’ai décidé, toujours avec le soutien bienveillant de l’Homme, de reprendre un travail. Ce que 18 mois plus tard, je ne regrette absolument pas. J’insiste sur ce point car c’est important de bien comprendre que dans les 2 décisions, j’étais responsable, initiatrice et déterminée par rapport à mes choix. On ne m’a pas forcé, j’ai choisi seule.
Et lorsque j’ai enfin trouvé le job qui me convenait, j’ai su que la répartition des tâches allait demandé beaucoup d’organisation, de volonté et serais soumis à quelques couacs au début.
… Effectivement !
Le problème qui se pose aujourd’hui n’est pas tant la question de qui fait quoi, mais plutôt « Qui y pense ? ». Et j’ai découvert il y a peu, que ce problème qui touche de nombreuses femmes a un nom : la charge mentale.
Alors, ça veut dire quoi, exactement ?
Voici comment la chercheuse Nicole Brais explique ce terme : « ce travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectifs la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence. ».
Je vous invite à lire la BD d’Emma Fallait demander , qui résume avec justesse ce phénomène.

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Concrètement, si l’Homme prend en charge une bonne partie des tâches ménagères et/ou parentales, il n’en demeure pas moins, que je me sens en permanence responsable du foyer au sens large.

Faire la liste des courses et ne rien oublier, faire les courses, et les ranger/ penser aux repas de toute la semaine et préparer les repas/ passer en revue les placards des enfants à chaque changement de saison, et prévoir quels vêtements il faut racheter, et dans quel ordre de priorité, parce que « Ah oui, on est dimanche, il a sport mardi, mais plus de survêt qui lui va ! » / se renseigner sur les activités périscolaires qu’ils vont faire, recalculer le budget pour voir si ça rentre dans les cases, faire les inscriptions, aménager le planning pour pouvoir les déposer/ récupérer, acheter les instruments/accessoires ou tenues adéquates/ faire les inscriptions des enfants à la cantine- au centre aéré, ce qui veut dire pour chaque vacances, soit tous les 1 mois et demi/ penser à vérifier les vaccins des enfants et du chien/ répondre aux invitations d’anniversaire et acheter les cadeaux/ prévoir et tenir le budget/ penser au cadeaux d’anniversaire et de Noël, les acheter, les emballer, et les cacher/ prévoir des pièces pour la petite souris des dents/ vérifier les devoirs des enfants, et leur faire faire, signer le cahier de liaison chaque soir/ savoir la date à laquelle il faut ramener les livres à la bibliothèque, et les ramener/ mettre des bières au frigo pour l’apéro de vendredi (si,si ça aussi!)/ faire la déclaration d’impôts, taxe d’habitation, taxe foncière dans les délais et les payer/ anticiper les lessives à lancer absolument si on veut que notre petit dernier n’aille pas à l’école en slip, et les lancer…
Liste non exhaustive, vous l’aurez compris, extensible à souhait, et sans point final … jamais…

Il y a 10 ans, le tabou du burn out maternel s’est clairement fissuré, et on s’est senti sinon capable, mais au moins en droit d’en parler, et d’échanger sans se sentir « une mauvaise mère ». Aujourd’hui on parle de la charge mentale, (même si le terme existe depuis plus de 30 ans) et on découvre tout à coup qu’on n’est pas la seule à vivre cela… Combien de temps encore, pour qu’on se sente vraiment à égalité ? Au boulot ? Dans son couple ? Dans sa famille ? Dans la rue ?

Et vous, quel constat faites-vous dans votre famille ? Comment gérez vous la répartition des taches et cette charge mentale ? Avez-vous réussi à trouver un équilibre?

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Ma vie en 50 nuances de Grey…

Je me souviens de ce film fascinant sur lequel j’étais tombé par hasard, sur Arte : Good Hair, de l’acteur comique Chris Rock, et qui traite de la complexité pour les femmes blacks, de l’entretien de leur chevelure, et au-delà de ça, du besoin de transformer leur chevelure. NB : j’en parle mal, c’est un très bon documentaire, allez le voir !

Je me souviens avoir eu cette réflexion sur l’importance de la chevelure dans l’affirmation de soi. Certes tu ne choisis pas ta nature de cheveux (et je sais de quoi je parle en digne héritière du cheveu-fin-plat-mou), mais tu peux décider d’en faire une arme, une carapace, une provocation, ou encore une curiosité. Bref, tu peux choisir d’affirmer, de t’affirmer à travers tes tifs !
Se raser la tête, décider de ne plus se coiffer pour avoir des dreadlocks, refuser de se teindre les cheveux, lorsque les cheveux blancs commencent à arriver, arborer une coupe afro… sont autant de symboles d’assurance et de déclaration de qui l’on est.

Je me souviens que jeune adolescente, j’avais 3 « projets capillaire » à réaliser dans ma vie (oui, j’étais futile à l’époque! :))
Number 1: avoir une coupe à la garçonne . Fait ! Durant mes années londoniennes, je suis passé d’un carré court à une garçonne, avec aussi, un changement du blond au noir corbeau, ce dernier choix de couleur n’ayant pas été le meilleur de mes choix !
Number 2 : Avoir des dreadlocks. Je considère les dreadlocks comme l’aboutissement ultime du « Faites comme vous voulez, moi, c’est ainsi, que je désire vivre ma vie. » . C’est l’affirmation ultime du refus de rentrer dans le moule, et qui demande du courage que malheureusement, je n’ai pas eu… Après euh… je n’entame que la 2ème partie de ma vie, rien n’est perdu ! (Ahaha, je vois déjà l’Homme qui sue en lisant ces lignes!)
Number 3 : Acceptez lorsque les cheveux blancs arrivent, de laisser la neige envahir la surface ! Et c’est donc ce que je vis depuis 1 an environ.

Je me souviens de mon 1er cheveu blanc, vers 25 ans. J’avais toujours cette admiration pour ces femmes tellement classes aux cheveux gris ou blanc, mais à 25 ans, j’étais juste dégoutée ! Encore en construction professionnelle, personnelle, trop de choix, d’envies pour être posé, et ressembler à ces femmes que j’admirais, mais qui étaient des femmes avec un grand F! Je ne voulais pas de ce cheveu blanc, là maintenant tout de suite !

Je me souviens des litres de flacons de coloration qui sont passés sur mes cheveux, de leur picotements sur ma tête au début, de leur odeur trop forte, qui pique le nez et les yeux, du réveil programmé sur 30mn, et des magazines lus sur le rebord de la baignoire en attendant que ça passe…enfin ça c’est quand tu n’es pas maman/épouse, parce qu’après bien sur, lire un magazine 30mn sur le rebord de la baignoire, c’est un luxe que tu pleures d’avoir perdu, et tu te retrouves donc avec ta colo sur la caboche en train de passer l’aspirateur, tout en ramassant la serviette mouillée du petit dernier, abandonnée, on ne sait pourquoi au milieu du salon, et en te frayant un chemin du bout des tongs à travers les constructions de Lego de la plus grande !

Je me souviens de tout ce temps perdu, et de cette inquiétude inlassablement de retour chaque mois : « Mince, ça se voit là ! Faut que je fasse mes racines… »

Et puis je me souviens d’en avoir parlé un peu, comme ça, à l’Homme, d’avoir cherché des articles sur le Net, de mettre dit « Hey! cet été, c’est la mode du gris pour les cheveux ! », d’avoir réfléchi à pourquoi je me colorais vraiment les cheveux…

Je me souviens de mettre décidé. « Je ne veux plus colorer mes cheveux. En tous cas, je ne veux plus coloré mes cheveux pour cacher mes cheveux blancs.  Je veux exister telle que je suis, et telle que je me vois belle. Je ne veux plus me colorer les cheveux, pour donner à la société, aux autres, une image de moi qu’ils désirent avoir. J’ai 42 ans, je me sens belle, je me sens jeune, je me sens plus sure de moi, que je n’ai jamais été dans ma vie, j’ai des cheveux blancs, qui racontent qui je suis, qui me font un halo de douceur autour du visage, et qui correspondent à ce que je veux montrer aux autres. »

Je me souviens de la peur de l’Homme : « Mais c’est un renoncement à prendre soin de toi, ou quoi ? »

Je me souviens de l’étonnement de l’entourage amis-famille, version bienveillante : « Oh ! tu t’es fait des mèches grises, ça te va super bien ! » et version malveillante : « Tu t’es coupé les cheveux ? Mais ! tu n’as pas fait de couleur ? ? ? » … jalousie, quand tu nous tiens;)

Je me souviens surtout que depuis cette décision, chaque mois, j’ai vu dans le miroir la méche, puisque pour l’instant, il s’agit d’une grande mèche , s’agrandir, pousser et prendre sa place autour de mon visage, et que je me suis sentie plus forte à chaque fois, car je me suis sentie OSER être MOI.

Privé de télé!

Tout est parti d’un constat navrant sur la difficulté de lire lorsqu’on est parents-actifs-débordés- fatigués-culpabilisés et que les journées s’enchaînent et se ressemblent sur le rythme du détestable « métroboulotdodo ».
Une idée nous est donc venu un soir : lançons nous le pari de lire 5 livres chacun en 1 année. Oh oui, bien sur, j’en vois qui ricanent derrière leur parasol… « 5 livres, je les avale en 2 mois ! » …Oui, mais croyez moi entre les enfants, le boulot, et le quotidien à gérer, lire est un luxe que nous ne pouvions pas nous offrir sans prendre du temps sur une autre activité. Nous avons donc décidé de sacrifier une soirée télé par semaine : le mardi. Sans aucune angoisse mais avec une certaine excitation…

Nous ne sommes pas des mordus de la télé. Et nous sommes très attentifs à ce que regardent les enfants. Pour eux, c’est uniquement le week-end, et ce n’est pas la télé. Ils doivent sélectionner ce qu’ils regardent soit sur le replay, soit sur Netflix. Cela permet de contrôler ce qu’ils voient, de limiter la pub, et surtout de ne pas engloutir des tonnes d’images, plus ou moins appropriés à leur age, sans réfléchir.
Quand à notre consommation, à l’Homme et moi, elle s’est toujours limité, depuis que nous avons les nains, à allumer la télé une fois qu’ils sont couchés. Donc jamais avant 21h00.
Nous regardions donc pas mal de Replay, Netflix ou des enregistrements. Un 1er changement s’est opéré il y a quelques mois, avec la suppression des infos que nous regardions jusque là quotidiennement. Un certain dégoût, une prise de conscience de la manipulation des images par les médias (mais ça c’est un autre débat) et nous avons arrêté du jour au lendemain les 30mn journalière de gavage. Pour autant, nous restons informé chaque jour (radio, internet) mais en sélectionnant nos sources et en limitant le temps passé.

Il y a donc un mois tout juste, nous avons passé notre 1er mardi sans allumer la télé avec un gros bouquin entre les mains, un fond de musique jazz pour l’ambiance (M…. on vire vraiment intello chéri ! )et on a kiffé grave !
Au point que nous avons réitéré le mercredi, puis le jeudi… jusqu’à constater que nous n’avons pas regarder la télé depuis 1 mois ! Et que j’ai fini mon 1er livre en 3 semaines ! Incroyable ! A ce rythme, il y a fort à parier que j’en lise plus que 5 dans l’année !

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Alors, bien sur, c’est l’été, nous avons la chance, de pouvoir nous installer jusqu’à la nuit tombée sur la terrasse, sans craindre d’avoir froid (et oui, le Sud quoi!), ce qui crée aussi une ambiance et un apaisement propice à la lecture. Il n’est pas dit que nous ne rallumions pas la tv de temps en temps, une fois l’automne arrivé, mais le rythme de lecture retrouvé après toutes ces années, le plaisir d’être accroché par une histoire, la hâte chaque soir de retrouver le récit sont une source de grand bonheur partagé avec l’Homme.

Le plus étonnant n’est pas de retrouver le plaisir de cet instant d’évasion, non, le plus surprenant est l’absence de manque télévisuelle… Passer de la télé chaque soir à plus de télé du tout est un changement radical, non préparé (nous avions prévu 1 soir par semaine je rappelle…) et auquel nous n’avions pas réfléchi comme une possibilité à longue durée. Et pourtant, je ne ressens ni manque, ni besoin, ni regret d’une émission, ou une autre. Nous réfléchissons plutôt à sélectionner un bon film lorsque l’envie refera surface, plutôt que de zapper inutilement à la recherche du programme le moins pénible à regarder.

L’été, les soirées à rallonge, les vacances, invitent évidemment à la lecture et à zapper la télé (jeu de mot Ô combien fin et subtil qui montre à quel point il était temps que j’arrete la tv…), je vous invite donc à sauter le pas et à profiter des bienfaits de ce petit plaisir. Si cela vous intéresse, je viens donc de finir Wild de Cheryl Strayed, qui fait le récit de sa randonnée de plusieurs centaines de km en solitaire sur le Pacific Crest Trail, qui relie le Mexique au Canada. Perso, j’ai adoré ce bouquin, et je vous le conseille vivement si vous aimez les grands espaces, la randonnée, l’introspection et les personnages un peu cassé, complètement ordinaire mais avec une rage de vivre extraordinaire.

Bonne lecture !

Bilan des 4 mois de ma nouvelle vie de maman au travail

IMG_5079.JPG04h27 : « Maman ! Maman ! Je retrouve plus mon doudou… » La voix tristement désespérée de mon fils vient sonner le début d’une longue journée…

04h33 : recouchée, les pensées affluent dans mon petit cerveau pourtant embrumé : demain c’est sport pour la grande, ai-je bien préparé le survêt ? – conference call à 14h00 : faut pas que j’oublie d’inclure les chiffres d’août à mon rapport- c’est quoi le temps prévu pour la semaine ? – réunion jeudi pour le petit, faut que je quitte le boulot plus tôt- la choré du cours de danse, c’est 2 rotations d’épaule, 4 hanches à droite, ou 4 rotations d’épaule, 2 hanches à droite ? -quand est-ce que je vais pourvoir acheter des chaussures à la grande…. les sandales ça commence à devenir limite le matin- J’ai oublié de sortir le numéro du plombier pour que l’Homme l’appelle : y penser demain soir en rentrant….

04h58 : Ok, la nuit est finie. J’attrape mon téléphone et je note tout ce que je dois faire et/ou acheter, en espérant que coucher les idées sur le papier sur l’écran, m’octroiera plus de légèreté dans la caboche… genre la fille qui croit encore au bonhomme en rouge…

05h36 : Je me réveille en sursaut. Ma fille qui nage au fond d’un lac tellement profond, et moi qui n’arrive pas à plonger pour aller la chercher parce que mes vêtements font comme un parachute et m’en empêche et je n’ai plus de souffle, et je la vois si petite au fond du lac, et mon mari qui ne réagis pas et… et… OK, je suis la personne qui fait UN rêve tous les 6 mois, et en plus : il faut que ce soit un cauchemar !

05h55 : Plus que 20 mn avant que le bipbip fatidique… Dors, bon sang, dors !

06h08 : 7 mn, je peux dormir, JE PEUX DORMIR !

06h14 : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !

06h55 : je sors de la maison, pantalon blanc, éviter les attaques du chiot (de 33 kg, je précise) qui me fait fête comme si nous nous étions quittés, il y a 1 semaine.

07h35 : C’est pas censé commencer vers 8h00 les bouchons ? Faut partir à 5h00 du mat’ pour avoir la paix ?

07h50 : arrivée au bureau , ma vie de working girl commence.

17h00 : c’est ma semaine du soir pour récupérer les gamins, je file comme si j’avais un pitbull à mes trousses vers la voiture, la route, les bouchons, le stress.

17h25 : j’ai fait 5 km… C’est pas censé commencer vers 18h00 les bouchons ? Faut partir à 15h00 pour avoir la paix ?

17h45 : encore 10km… la main sur le portable, prête à appeler les copines-maman-au-foyer pour aller récupérer la grande à l’aïkido… ok, si ça roule comme ça, si y a une place devant le dojo, si je cours, et si il finisse 5mn en retard, je peux le faire, je peux le faire ..

17h59 : j’y suis ! J’y suis ! Je cours comme une dératée depuis le parking, je vois à travers les grandes vitres, ma fille qui sort de la salle, et qui me cherche du regard… J’ai envie de hurler : « Je suis là chérie ! Je suis là ! » Je monte les escaliers 4 à 4, j’arrive essoufflée et rouge comme une tomato, elle me voit, me sourit… Pffffffffffffffff/Rrrrrrrrrrrrrrgggggghhhhhh/Hiiiiiiiiiiii (son de mes poumons qui tentent de reprendre une activité normale)

18h06 : « Maman, la maîtresse elle a dit qu’il fallait ramener des châtaignes- 2 photos d’identité- un tee-shirt rouge- un protège cahier chocolat bleu pâle. Et normalement c’était pour hier, mais on peut le ramener pour demain. » Je suis pas couchée, ça c’est certain…

18h14 : Je me gare sur le parking de l’école. Je vois des mamans qui quittent l’aire de jeux en s’embrassant, tout sourire, Converse aux pieds et enfants sous le bras « A demain, bonne soirée, bisous-bisous ». Elles sont calmes, elles ne transpirent pas, elles sont « au foyer ». J’étais ELLES, il y a peu… Mélange de tendresse, de culpabilité et de compassion…

18h15 : Je récupère mon petit, heureuse et rassurée : je tiens mes 2 enfants par la main, et il n’est pas 18h30 !

18h20 : Au portail, déchaîné comme un bagnard en rut, mon chien (ou chiot de plus de 30kg, je le rappelle) nous accueille comme il se doit. Mais… mmmmhhhhh, pourquoi il y a de la poussière blanche sur son pelage noir ? OH NON ! Un sac de ciment éventré sur le sol de la terrasse… Je suis vraiment pas couchée…

18h57 : J’ai fini de balayer-aspirer-lessiver la terrasse, crier sur le chien qui pense toujours que le balai brosse est un animal, qui n’attend que lui pour jouer, je rentre dans le couloir, marche sur les chaussures qui traînent, me prend les pieds dans le cartable et lance avec courage un « Qui prend sa douche en premier ? »

19h21 : Après avoir forcé douché les enfants, fait leurs lits, étendu la lessive, vidé le lave-vaisselle et commencé à mettre la table, le tout en même temps et dans le désordre, je m’aperçois que l’Homme est rentré et a commencé à installer le portillon qui traîne dans l’allée depuis 3 semaines… logique masculine impénétrable et incompréhensible pour la femelle que je suis, je prends sur moi ENORME.

19h30 : Coquillettes au fromage, salade de tomates, yaourts, l’image de la famille de l’ami Ricoré en tête, j’accueille avec plaisir, ce moment de calme et de partage autour du repas.

19h31 : « Pour la 3ème fois, assied toi correctement, et enlève ton verre de ton assiette ! »

19h34 : Je veux juste prendre une douche…

20h06 : Devoirs de la grande, préparation des affaires pour le lendemain.

20h16 : « Allez vous laver les dents et au lit ! »

20h24 : « Maman, j’arrive pas à ouvrir le tube de dentifrice »… « Mmmmmhhhhh, et donc tu fais quoi dans la salle de bains depuis plus de 5mn ? » « Ben, y’avais une petite mouche sur le miroir, et comme elle voulait pas partir, je lui ai mis du pschitt sur elle, et après elle faisait du hip hop par terre, comme j’ai fait à la kermesse, elle tournait, elle tournait, et après elle tournait plus du tout alors je l’ai jeté dans les toilettes, et après… » «  Ok, vas-y maintenant : lave toi les dents. »

20h31 : Rituel du coucher pour le petit. « A demain mon grand, fais de beaux rêves. Je t’aime. » « Moi aussi je t’aime…. Je peux avoir de l’eau ? »

20h36 : Histoire pour rituel du coucher de la grande « Alors la princesse lança un arc en ciel gelé sur le pays, et… » « Maman ! Je veux faire pipi ! »

20h47 : « A demain mes chéris, dormez bien »

20h49 : Je m’habille comment demain ? Il fait quel temps ? Ai je le courage de me préparer à manger ?

20h50 : Je tombe nez-à-nez avec ma fille dans la cuisine, qui « entend des drôles de bruit, quand même c’est bizarre » dans sa chambre.

20h59 : Je vais enfin prendre cette douche chaude ! Ah ben non tiens, ya plus assez d’eau chaude…

21h20 : je m’écroule dans le canapé, un Sojasun Myrtille à proximité. « Tu regardes quoi chéri ?  Un documentaire sur le Bison des villes ? C’est quoi ça ? AH, pardon, le Boson de Higgs, ah oui, oui bien sur, oui… Non, non, je l’ai déjà vu je crois, celui-là, je te remercie, je vais regarder en truc sur la tablette…»

21h23 : 2ème saison de Orange is the new black, je vais me faire 2 épisodes et au lit.

21h32 : ZZZZZzzzzzzzz….

Solidarité féminine

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« Tu vas gérer une équipe de fille ? Et bien, je te souhaite bien du plaisir ! »

Voilà ce que j’ai entendu quasi chaque fois que j’ai annoncé que j’avais retrouvé un job, et que j’allais être en charge d’une équipe 100% féminine. Si je veux être tout à fait honnête, lorsque j’ai su que j’étais prise, je me suis aussi fait cette réflexion…Oui, certains clichés ont la vie dure.

Oui, certains clichés sont véhiculés autant par les hommes que par les femmes.

Oui, certains clichés sont dépassés.

Oui certains clichés ne rendent service à personne.

A la 4ème personne m’ayant fait part, avec bienveillance, cela va de soi, de son inquiétude quand à mon futur environnement de travail, j’ai réfléchi (si, si, c’est souvent très utile!) et j’ai décidé de ne plus adhérer à la propagation de ce cliché, qui est, finalement tout ce qu’il y a de plus sexiste et dégradant pour les femmes, et qui n’a pour but à mon avis, que de rabaisser les femmes à une condition de femelles inutiles et sans cervelle. Car, si moi-même, j’arrivais, avec cette appréhension qu’une équipe de femme, se résumait à ça, je ne pourrais pas blâmer les autres : je serais moi-même en train de propager cette caricature!

Alors, je me suis mise à penser et à analyser à tout ce qu’englobe, ce cliché : « une équipe de filles, c’est la merde ! »…

Je suis une femme. Est-ce que lorsque je suis avec d’autres femmes, j’ai envie de me mettre à crier, à griffer, à tirer les cheveux, et à donner des coups d’escarpins dans les tibias ?

Je suis une femme. Est-ce que lorsque je suis avec d’autres femmes, mon esprit devient soudainement gélatineux, est-ce que j’oublie mes années d’études, mon sens des priorités, mon respect envers les autres, mes valeurs, et je me mets à ne plus penser qu’à une seule chose : QUELLE EST LA MARQUE DE SON ROUGE A LEVRES ? JE VEUX LE MEME !

Je suis une femme. Est-ce que je suis réputée pour être agressive, envieuse, chieuse, idiote et vénale ? Moi, qui vois plutôt les femmes, courageuse, douce, organisée, entière, et digne…

Je suis une femme. Est-ce que je dois accepter et entrer dans le personnage que l’on essaie de me coller sur le dos, en véhiculant ce genre de cliché ?

Si, je ne me sens pas représentée dans cette attaque, alors pourquoi les autres femmes le seraient ?

Lorsque je suis arrivée dans le monde de la blogosphère, j’ai découvert un monde principalement féminin. Certes les contacts restent virtuels, mais les témoignages que j’ai pu lire, l’accueil qui m’a été fait, les commentaires que l’on m’a envoyés, les encouragements des unes, et les remerciements des autres, me permettent de témoigner de la bienveillance, et de la tendresse des femmes.

Ni mes amies, ni les membres féminins de ma famille, ni mes anciennes collègues, ni les mamans de l’école que je côtoie ne sont des harpies écervelées, prêtent à se crêper le chignon à la moindre occasion. Non. Vraiment. Ce sont des femmes intelligentes et fortes.

Oui, il y en a avec qui je m’entends moins bien, ou carrément pas, mais cela n’est pas différent avec les hommes… Tout est une question d’affinités, c’est tout.

Alors, je suis arrivée au bureau le 1er jour, avec beaucoup d’entrain, et de joie (si, si, je vous assure que je ressens une joie immense jusqu’à maintenant, d’aller travailler!), et un regard neuf et pure, sur les femmes personnes que j’allais rencontrer. Et, Vindidious, grand bien m’en a pris ! J’ai découvert une équipe de bosseuse, une équipe de personnalités différentes et complémentaires, une équipe accueillante, et bienveillante, une équipe calme, une équipe respectueuse, une équipe douce et dynamique, une équipe bien loin du cliché véhiculé…

« L’acte le plus courageux est toujours de penser par soi-même. A haute voix. » Coco Chanel.

Comme si c’était hier…

Retrouver son amie d’enfance… Une vingtaine d’années après…

Via Facebook. Oui, rien de poétique, mais à nous de savoir par la suite, si l’on souhaite transformer cette « re-trouvaille » en vraie relation, ou si le contact virtuel nous suffit.

2850505653_a317fcc9e3_b.jpgUne impression de légèreté, de sucré, de poudré… Une joie, mêlée d’une émotion sincère qui donne envie de laisser une larme couler… et ce sentiment rassurant de savoir qu’elle aussi a pensé à moi, durant toutes ces années… Beaucoup de plaisir en tous cas.

Des milliers de questions à poser, puis la peur d’être trop pressante, trop envahissante…

Le sentiment d’avoir été si intime, que l’on peut « se permettre de » , et puis soudain : « Ah oui, elle a 2 filles ! Des ados en plus ! » qui renvoie immédiatement, à cette impression bizarre : Est ce que c’est bien elle ? Est-ce que c’est bien moi ? Est-ce qu’on a vraiment était tout ça, vécu tout ça ?

Et depuis 3 jours, un plongeon dans les souvenirs, les visages parfois effacés, les noms qui ne reviennent pas facilement, et toutes ces questions dans ma tête, qui donnent le tournis : est-ce que j’ai changé ? Est-ce que je suis toujours la même avec « des costumes d’autres parfois » comme dit la chanson (que ce soit clair entre nous, je déteste n’apprécie pas spécialement Céline Dion, par contre, je suis fan de la scène de danse dans Mommy!)? Est-ce que j’ai réalisé ce que je voulais faire ? Est-ce que je suis fière de mon parcours ?

Et les autres ? Est-ce qu’ils ont pu changer ? Est-ce qu’ils me trouverez changé ? Ceux qui m’impressionnaient jadis … m’impressionneraient-ils toujours aujourd’hui ? Et si oui, alors, cela signifie-t-il que je n’ai pas changé ? Et si, parfois, je pense à eux, pensent-ils aussi, parfois à moi ?

« ROOOOOLALALALA ! La prise de tête, cette fille ! Elle est toujours comme ça ? »

Oui, le plus souvent, j’aime me prendre la tête… Ça fait circuler l’air dans mon cerveau !

Alors, d’une manière que je pense plutôt positive, je crois que je n’ai pas vraiment changé… J’ai grandi, appris, choisi, évolué, construit, vieilli, je me suis améliorée, j’ai douté, je me suis calmé, j’ai pris de l’assurance, temporisé et pris du recul, mais je suis toujours la même. Et cette amie, MON amie, je sens qu’elle est restée la même enfant, la même ado d’il y a 20 ans, 25, 30,… elle n’a pas changé non plus !

Est-il possible d’écrire une nouvelle page de notre amitié ? Je ne sais pas… je l’espère… et ainsi, ne plus la nommer « mon amie d’enfance », mais simplement mon amie.

 

Maman va avoir besoin d’escarpins!

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Aïe ! Ouille ! Ouille ! Ça c’est le cri de mes petits doigts qui n’ont pas touché (ou presque) le clavier de mon PC depuis 2 semaines, vacances scolaires obligent ! Et donc, petits doigts rouillés, crispés, pas souples du tout… Mais heureusement, grande journée, donc cœur léger, joie intense, et grand changement de vie de rythme, pour moi et toute la famille ! Non, pas parce que les enfants ont repris le chemin de l’école (enfin, si, mais cela ne me mets quand même pas dans cet état!), mais parce qu’aujourd’hui, ma candidature a été retenue pour le poste que je souhaitais et je suis sur un nuage ! TROP HEUREUSE !

Imaginez 4 ans de vie, mis au service de ma famille. 4 ans c’est beaucoup, et peu aussi… C’est beaucoup, et arrive un moment où l’on se perd un peu, en tant que femme, mais je ne vais pas vous la refaire, vous avez bien compris mon ras-le-bol, dans le précédent post : Le blues de la mère au foyer.

Et c’est peu, quand je réalise, à quel point, il faut être disponible pour gérer les enfants dans un idéal irréalisable d’éducation. Pour allier douceur et fermeté sans jamais s’énerver, sans jamais faillir, être ce parent présent et à l’écoute, qui ne crie pas, qui ne fait pas passer ses envies et ses désirs avant ceux de ses enfants, etc. Je vous rassure tout de suite, j’ai failli ! Et tellement de fois ! Et je ne peux croire qu’un être humain « normal » puisse y arriver ;). Et, je ne dis pas non plus, qu’il faut être sans cesse disponible, pour réussir à être de bons parents. Des parents qui travaillent, peuvent apporter plus de stabilité et de temps de qualité que certains parents « à la maison ». Alors, souvent parfois, je me suis dit que j’étais merdique (une mauvais mère, quoi!), et parfois je me suis dit, que j’avais réussi ceci ou cela…

Donc, comme promis, lors du dernier article, et parce qu’aujourd’hui, spécialement, j’ai le sentiment, que je tourne une page du livre, voici ce que humblement, je suis heureuse d’avoir apporté à ma famille durant ces 4 années de maman au foyer :

Du temps. Évidemment du temps. Du temps pour jouer, pour écouter, pour consoler, pour bercer, pour raconter, pour regarder, pour évoluer ensemble, pour répondre à leurs interrogations (ou pas !), pour faire découvrir, et pour se rappeler de chaque pli de leur visage, de chaque petits pas accomplis, des premiers mots et des petites et grandes réussites.

Une prise en charge totale : bien sur la maison et ses innombrables tâches ménagères (Beurk!), bien sur les papiers, factures, courriers, inscriptions, réclamations, bien sur les repas (et mes progrès ENORMES en matière de cuisine ! Si, si, pour de vrai!), les courses, bien sur, les plannings des uns et des autres, rendez-vous chez le médecin, n’oublie pas de passer au garage déposer le char la voiture pour la révision, école, cours d’Aïkido, anniversaire des copains, et autres réjouissances d’emploi du temps, bien sur le jardin à entretenir (toujours avec plaisir!) et la piscine à nettoyer, bien sur les devoirs à faire, et bien sur trouver des idées pour les loisirs… Une véritable entreprise à gérer, en fait !;)

Des anniversaires de ouf sur mesure et fait-main! Un thème, une déco, des costumes, des activités, un gâteau, des friandises et plein de copains hystériques qui courent dans le jardin!

Des activités à partager, à leur faire découvrir, et leur faire aimer : passer du temps à jouer à la pétanque (Eh ! On est sudistes, nous, maintenant!), leur apprendre à fabriquer un abri pour les oiseaux, peindre ensemble, aller à la bibliothèque, leur lire des histoires sur place et repartir les sacs remplis de livres pour prolonger le plaisir à la maison, leur apprendre à faire des bombes dans la piscine (Quelle victoire, et quelle fierté la première fois!), les emmener au Skate Park faire de la trottinette, faire des gâteaux ensemble, les pousser sur la balançoire, jardiner avec eux, faire des selfies de nos plus belles grimaces et les envoyer à papa (ou mamie, ou tonton, ou tata, ou… oui, ben c’est bon, maintenant, les enfants!), aller ramasser des trésors dans la nature (fleurs, pommes de pins, feuilles mortes…), expliquer pourquoi et comment, et les initier à l’écologie…

Des choses simples et belles, qui font la vie… Ce que, peut-être, beaucoup de parents font et tout en travaillant, et c’est tout à leur honneur. Je sais, que moi, je n’aurais pas pu concilier les deux, sans sacrifier l’un ou l’autre.

C’est donc, avec le sentiment d’avoir accompli et survécu à ma mission de super héroïne Maman (Batman– Spiderman– Superman– Maman!), que je reprends la route du travail. A moi les objectifs, les délais à respecter, les clients à chouchouter, les équipes à motiver, les collègues à apprivoiser, le salaire qui va avec (Youhou ! je vais avoir du vrai argent !), les talons hauts, et les jupes courtes, les lunchs avalées en vitesse et les retours à la maison avec le repas prêt et la table mise ! Sérieux ? C’est moi, qui vais fermer la porte en dernier ? Trop cool !

Le blues de la mère au foyer

Des années à défendre le statut tellement ingrat de mère au foyer, des années à justifier auprès des proches et des moins proches que non, une mère au foyer, ne regarde pas les feux de l’amour allongée sur son canapé, en se faisant une pédicure et en s’empiffrant de chocolats, des années à répondre à la fameuse question « Mais… tu ne t’ennuies pas trop? », des années à tenter de valoriser ce « statut », puisqu’il n’est ni un métier, ni un hobby, ni une occupation…

Et puis un jour, marre.

Marre de ne pas avoir de coupure : mère au foyer c’est tous les jours, toutes les nuits, la semaine et le week-end, les jours « travaillés » et fériés, les vacances, tout le temps, 24/24,7/7, 365/365…

Marre d’attendre l’heure de retrouver les enfants, parce que l’envie de les serrer dans les bras est forte, et marre de s’en prendre plein la tête, au bout de 30 secondes : « Oh non ! Encore des tartines au Nutella pour le goûter ! Et pourquoi, t’as pas ramené ma trottinette ! »

Marre aussi d’attendre  le retour de l’Homme pour lui raconter un tas de trucs passionnants, et de le retrouver à pas d’heure, exténué par le boulot, exténué d’avoir trop parler, dirigé, coaché, évalué et motivé.

1827901-marcia-cross-alias-bree-van-de-kampMarre des petites réflexions anodines des uns et des autres : « Oui, mais toi, t’as le temps. » « Franchement, parfois, j’aimerais être à ta place » « Waouh ! Comment je péterais un plomb, à ta place ! »

Marre de gérer l’intégralité de la maison : le ménage, la lessive, les repas, la comptabilité, le jardin, les factures, les échéances, les achats, les dépenses, la voiture, les courriers, les courses, etc.

Marre de gérer l’intégralité de la famille : les rendez-vous, l’éducation, les sorties, les invitations, les pipis, les cacas, les chagrins, les peurs, les anniversaires, les maladies, etc.

Marre d’enfiler tous les jours la panoplie jean-pull-Converses, parce que c’est pratique… oui, la jupe-talons ça le fait pas, quand tu te retrouves sous la pluie, avec les enfants, le chien, les cartables, le goûter, et que tu essaies de faire tenir tout ça, sous un parapluie.

Marre du manque de considération.

Marre de ne jamais faire de pause, par culpabilité sans doute.

Marre de ne pas avoir de salaire, et donc de ne pas s’autoriser de dépenses perso.

Marre d’être toujours dispo pour tout le monde.

Marre de se sentir coupable tout le temps et pour un tas de trucs…

 

Bon… un billet un peu bluesy aujourd’hui, mais je travaille déjà sur le suivant : tout ce que j’ai apporté à ma famille en étant maman à la maison !

De si doux mensonges…

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« Maman, le panda de ma botte a fermé ses yeux ! Maintenant, j’ en suis sur : les jouets s’amusent pendant qu’on est pas là ! Et même les bottes !  »

Voici, comment mon chevalier de bientôt 5 ans est venu me confirmer ce que sa princesse de sœur lui répétait depuis quelques temps maintenant… Tout est, évidemment, parti de moi ; je plaide coupable monsieur le juge…

J’étais tombé sur un article, il y a quelques temps, sur Refe et Susan Tuma, des parents bien créatifs, qui chaque mois de novembre, font croire à leurs enfants, que leurs collection de dinos font les 400 coups une fois la nuit tombée. Ainsi, au petit matin, les enfants les retrouvent dans des postures insensés, genre au milieu du paquet de céréales éclaté, ou en train de taguer un mur ! J’avais trouvé cela, tellement drôle et génial, tout à fait dans l’esprit imaginatif et rêveur, qui doit être celui de l’enfance. J’ai donc pris plaisir à raconter à mes enfants, que lorsque j’étais petite, je retrouvais fréquemment mes jouets déplacés : mes poupées à un endroit différent de celui où je les avais laissées, ma dînette sortie pour prendre le repas, alors que je l’avais rangé, etc.

Évidemment, ils ont plongés ! Avec quand même, régulièrement, un doute, que je me plais à entretenir d’un «  Tu sais, moi, je ne les ai jamais réellement vus bougés, mais je n’explique pas comment je ne les retrouvais jamais au même endroit. »

Bref, ce petit mensonge, est dans la lignée du père Noël, des cloches de Pâques et de la petite souris.

L’Homme m’a quand même demandé : « Et, c’est bien de leur mentir, ainsi ? Ils y croient vraiment, tu sais. »

Mais j’espère bien, qu’ils y croient et qu’ils y croiront encore quelques temps !

Mais, comme les réflexions de l’Homme, ne sont jamais dénuées d’intérêt et lancent toujours avec finesse le débat (Arrêtez ! J’ai des trucs à me faire pardonner!), je me suis effectivement posée la question : Est-ce bien de mentir aux enfants ? De les entretenir dans une réalité embellie ? De leur faire croire à des petits miracles ?

Quand j’étais enfant, ce genre d’illusions, étaient synonyme de rêve, d’évasion, de douceur, et de protection. Lorsque le quotidien n’était pas assez léger, je me laissais bercer par ce genre de petites histoires avec délice, et j’ai très longtemps voulu croire que les lutins existaient… je rêve d’ailleurs, toujours de visiter l’Islande, juste pour être sure… on ne sait jamais !

Je pense, sincèrement, que ces mensonges participent à la créativité de l’enfant, à nourrir son imagination et à lui permettre de s’évader. Lorsque mon enfant me demande « Mais, maman… comment la petite souris, elle fait pour ouvrir la porte de la maison ? » et que je réalise, que cela faisait plusieurs minutes, qu’il était perdu dans ses pensées, je ne peux m’empêcher d’être ravie ! Il était dans un monde féerique, heureux, dans une petite bulle colorée, et il continue de rêver, et d’imaginer, et de structurer son imaginaire et sa créativité… Et ça, j’adore !